Aujourd'hui ma table - Critiques

L'anaphore "aujourd'hui ma table" conduit chaque poème de ce livre bien construit aux sens multiples que le poète assigne à ses textes.

L'auteur du primé "L'âme ses noces" (1990) convie ici désirs, regrets, vœux dans une langue où le distique est roi et le rythme souveraine fréquence, à laquelle s'ajoute ce jeu incessant sur les allitérations et les assonances.  

La table consigne travail d'écriture, réflexion morale, pause dans la vie qui s'écrit; le recul énonce ce "feu" qui attise le travail.

Tout passe au van du poète : voyages, sensuels projets, paysages intérieurs.

La finesse du poète, qui joue des mots sans abuser, plonge le lecteur comme dans un livre d'heures, efficace et discret, auquel on ne peut résister tant le message le concerne lui aussi.

Un beau retour en poésie d'un poète qui n'avait plus publié depuis longtemps. 

(Philippe Leuckx)


Quel point de départ, cet « Aujourd'hui ma table » itératif !

Cela permet de passer du quotidien au rêve... ou à la réflexion, notamment sur les mots qui sont, si je puis dire, notre « pain quotidien ».

Cette démarche nous évite les divagations post-surréalistes dont nous ne manquons.

Que le poète en soit remercié et félicité !

(Georges Jacquemin)


Voici un recueil qui témoigne d'un travail rigoureux d'écriture, nourri de métaphores, d'allitérations nombreuses et de fins jeux de mots, agencés avec maîtrise. 

Des réflexions de vie, des souvenirs, des images qui en entraînent d'autres, de la sensualité, une touche de surréaliste : l'on retrouve un peu de tout cela dans les textes de Jean-Luc Godard qui met en scène « la table », celle où l'on mange, et surtout celle où l'on écrit et qui parfois « fait table rase ».

La table est personnifiée ; elle « fume », « envie la chaise », « s'envole », « s'énerve », somnole, donne, se venge, se pâme, retable, pleure, piaffe, « se dit stable », etc.

La table semble vivre sa vie propre (« Aujourd'hui/ma table a choisi/ le cristal/assumer/tout le poids du plomb ») mais, bien sûr, sont intimement liés à ses états d'âme de table et à son histoire, ceux du « je », de l'auteur, du poète. 

(Martine Rouhart


J'ai frappé à la porte de ta table et elle m'a ouvert.

Et elle s'est livrée, à travers une foule d'états d'âme et d'humeurs...

Jolie idée, cet objet-personnage, qui lance chaque texte. Euh... n'en est-ce pas l'auteur(e) ?

Ces mille variations d'humeur, de sentiments, de sensations, d'impressions. Et pas deux minutes semblables dans nos vies...

Comme un morceau de vie découpé en brefs instants.

C'est à la fois léger et profond. Et même dense (et danse).

Assez musical. Beaucoup de synesthésie. Et de la sensualité, sensorialité.

(Evelyne Wilwerth)


Je me suis précipitée pour le lire une première fois en éprouvant la sensation de bien retrouver l'auteur des autres œuvres que j'avais appréciées.

C'est vraiment un tout bel album et je ne me priverai pas d'en reprendre souvent des extraits en les dégustant lentement, comme ils le méritent, en les mâchonnant et en les disant.

(Rose-Marie Noé)


On retrouve, dans « Aujourd'hui ma table », Jean-Luc Godard et son sens inné de la poésie, proche des choses vécues, sans sophistication inutile, avec juste ce qu'il faut d'énigmatique pour ne pas glisser dans le prosaïque.

Touchante, cette poésie sans rien de prétentieux, en prise directe sur la vie, d'une sensibilité voilée de pudeur...

(Daniel Laroche)


Une idée originale, de partir à chaque fois de la table.

Mais l'originalité n'est pas seulement dans ce système qui pourrait paraître un peu répétitif : chaque poème aborde un thème plutôt grave, une forme de quête personnelle.

Une première lecture (je le fais toujours avec un recueil) porte le lecteur comme dans le fauteuil d'un train, qui passe devant chaque table comme devant une petite gare où on devine que quelqu'un ou quelque chose est tapi derrière les panneaux...

C'est à la deuxième lecture qu'on comprend d'emblée qu'il faut marquer l'arrêt, descendre de son compartiment pour visiter chaque gare. Et dans le compartiment s'accumulent les notes, voire la recette propre à chaque gare pour porter le lecteur au centre de lui-même à travers la quête du poète.

Et l'on découvre ici et là que la recette n'est pas complète, qu'il faudra retourner visiter l'une ou l'autre gare. Toutes, peut-être. Je crois qu'à chaque table se trouve un miroir qui renvoie une image de soi-même que l'on ne connaît pas assez, voire pas du tout...

(Jean-Luc Geoffroy)




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